Sumo, forces sacrées

Maison de la Culture du Japon à Paris
Du 9 juin au 26 septembre 2026

 

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Le sumo commence par du sel. Une poignée jetée sur la terre battue, un pied qui frappe le sol, la longue respiration de deux géants face à face. Avant tout combat, le rite – précis, immuable, vieux de plus de deux mille ans.

C'est ce rite que Bruno Aveillan est allé chercher à Sumida, à l'est de Tokyo, dans une écurie dirigée – paradoxe qui dit beaucoup – par un ancien ozeki bulgare. Il s'appelle Kotoōshū Katsunori, il est le premier Européen à avoir gravi le second plus haut rang de ce sport millénaire. En juin 2025, il a ouvert les portes de la Naruto-beya au photographe français et au producteur Nicolas Bary. Sumo, forces sacrées présente ce qu'ils en ont rapporté.

Car derrière la silhouette familière du lutteur – corps massif, chignon huilé, mawashi cérémoniel – se cache un tout autre sujet. Le sumo n'est pas d'abord un sport, c'est un culte shintochaque geste précède le combat : le sel pour purifier, la frappe du pied pour chasser les esprits, la cérémonie d'entrée.

L'exposition tient dans cette bascule – entre le fracas de la chair et l'élévation du rite, entre le brut et le sublime. Habitué aux campagnes des grandes maisons, Aveillan applique ici une autre discipline du regard : une attention presque liturgique aux mains qui se nouent, aux torses qui attendent, à l'espace du dohyō avant la première secousse.

La Maison de la Culture du Japon à Paris accompagne les tirages grand format de projections et d'une conférence. L'exposition coïncide avec le Tournoi de Paris de sumo, qui se tiendra les 13 et 14 juin 2026 à l'Accor Arena – premier grand tournoi officiel jamais tenu en France. De quoi rappeler, à ceux qui s'en tiendraient à la masse des combattants, que le sumo se regarde d'abord avec les yeux du sacré.

MAISON DE LA CULTURE DU JAPON À PARIS
Du 9 juin au 26 septembre 2026
101 bis quai Jacques Chirac, 75015 - M°Bir-Hakeim (6)
Du mar. au sam. 11h-19h - Fermé le lun. et dim.
Entrée libre


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